Frédéric Lenoir

Lettre ouverte aux animaux

« Comme Darwin l’a magnifiquement exprimé en 1871, ‘l’humanité envers les animaux inférieurs est l’une des plus nobles vertus dont l’homme est doté, et il s’agit du dernier stade du développement des sentiments moraux. C’est seulement lorsque nous nous préoccupons de la totalité des êtres sensibles que notre moralité atteint son plus haut niveau’. »

La position de l’auteur sur la question du « spécisme » me semble intéressante :

« Je pense tout au contraire qu’il est nécessaire dans notre comportement envers les animaux d’établir une différence entre les espèces, différence fondée sur des critères de sensibilité, d’intelligence et de conscience de soi. Plus une espèce animale est sensible et consciente, plus elle exige d’être respectée. Plus une espèce animale est capable de souffrir, moins on a le droit de la faire souffrir. Et assurément une éponge souffre moins qu’un chimpanzé ou un coquillage qu’un mammifère. Sans cette distinction entre les espèces, l’éthique animale me semble dans une impasse. »

Alors que l’éthique animale est un sujet récurrent de notre société, il touche à la relation unique que chacun d’entre nous entretien avec les animaux. Comme toutes les autres relations, elle est teintée de nos expériences passées et de nos sensibilités (peurs, phobies, éloignement, enfance proche des animaux, etc). Les points de vue ne se rencontrent plus quand les expériences sont inconciliables, ou quand un « trop grand écart » ne permet pas d’aller à la rencontre du point de vue de l’autre. Puis, même quand les points de vue se comprennent, ils peuvent être incompatibles, et il faudra bien au sein de notre société trancher pour décider des lois et de leur application.

Le sujet de la maltraitance animale est complexe et passionnant. Au-delà du débat philosophique et éthique, il montre à quel point il est tout autant intolérable d’accepter de la maltraitance animale en élevage ou en abattoirs, que d’accepter la maltraitance des humains soumis à des pressions économiques les poussant à agir au détriment d’êtres sous leur responsabilité, comme les animaux par exemple…

Comment les cultures et leur évolution peuvent-elles se confronter sur notre planète à propos d’un tel sujet, notamment par rapport à des traditions culinaires ancrées depuis des générations ? (pêche à la baleine, bile d’ours, viande de chien, cuisses de grenouilles, escargots, foie gras, etc). Que d’habitudes différentes et ce qui délecte certains en dégoûte d’autres !

 

 

L’éthique animale est un sujet largement abordé par Florence Burgat, chercheuse à l’INRA travaillant depuis de nombreuses années sur la question de nos liens avec les animaux, et ceci avec un regard « non moralisateur ou polémique », mais en ouvrant le débat plus philosophiquement et historiquement, notamment sur la consommation carnée, par ex.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Burgat

 

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